Température d’inflammabilité et conditions d’inflammabilité des fluides frigorigènes en pompe à chaleur
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- 25 janv.
- 3 min de lecture

L’évolution des réglementations environnementales et la réduction progressive des HFC ont conduit à l’utilisation croissante de fluides frigorigènes inflammables dans les pompes à chaleur (PAC).
R32, R290 (propane) ou encore d’autres hydrocarbures sont aujourd’hui largement déployés.
Pourtant, la notion de température d’inflammabilité est souvent mal comprise, voire totalement déformée.
👉 Un fluide ne devient pas dangereux uniquement parce qu’il est inflammable.
👉 Le risque réel dépend des conditions dans lesquelles il est utilisé, installé et contrôlé.
Cet article a pour objectif de clarifier les mécanismes physiques, les conditions réelles d’inflammabilité et les enjeux réglementaires liés aux fluides frigorigènes utilisés dans les PAC.
Comprendre la température d’inflammabilité d’un fluide frigorigène
La température d’inflammabilité (ou d’auto-inflammation) correspond à la température minimale à laquelle un gaz peut s’enflammer spontanément, sans flamme ni étincelle externe.
⚠️ Erreur fréquente : croire qu’un fluide s’enflamme dès que cette température est atteinte.
En réalité, cette donnée seule n’a aucune valeur opérationnelle.
Un fluide frigorigène peut être :
chaud,
inflammable,
présent dans l’air,
sans jamais s’enflammer si les autres conditions ne sont pas réunies.
Les 3 conditions indispensables à l’inflammabilité (triangle du feu)
Pour qu’une combustion ou une explosion se produise, trois paramètres doivent être présents simultanément :
1. Une source d’ignition
Étincelle électrique
Flamme nue
Surface chaude
Composant électrique non protégé
Sans source d’ignition → aucune inflammation possible, même avec un fluide A3.
2. Une concentration dans la plage d’inflammabilité
Chaque fluide possède :
une LFL (Lower Flammability Limit) : seuil bas d’inflammabilité
une UFL (Upper Flammability Limit) : seuil haut
👉 En dessous de la LFL : mélange trop pauvre
👉 Au-dessus de l’UFL : mélange trop riche
Dans les deux cas, aucune inflammation possible.
C’est un point fondamental souvent ignoré dans les débats autour des PAC au propane.
3. Une énergie suffisante
Même avec :
un fluide inflammable,
une concentration correcte,
une source d’ignition,
il faut une énergie minimale d’allumage suffisante.
Tous les arcs électriques ou points chauds ne déclenchent pas une inflammation.
Classification de sécurité des fluides frigorigènes
Les fluides utilisés en pompe à chaleur sont classés selon leur toxicité et leur inflammabilité :
Classe A1 – Non inflammable
Aucun risque d’inflammabilité
Utilisés historiquement dans de nombreuses installations
Fort impact environnemental (GWP élevé)
Classe A2L – Faiblement inflammable
Exemple typique : R32
Inflammabilité faible, vitesse de propagation lente
Risque maîtrisable avec une installation conforme
Classe A3 – Hautement inflammable
Exemple : R290 (propane)
Excellentes performances thermodynamiques
Exige une maîtrise totale de la conception, de l’installation et du contrôle
👉 Plus la classe est élevée, plus l’exigence de compétence est forte.
Pourquoi les fluides inflammables sont utilisés en PAC
Malgré leur inflammabilité, ces fluides présentent des avantages majeurs :
Très faible GWP
Excellente efficacité énergétique
Compatibilité avec les objectifs climatiques européens
Réduction de l’impact environnemental à long terme
La réglementation n’interdit pas ces fluides.
Elle impose des conditions strictes d’utilisation.
Les situations réellement à risque en pompe à chaleur
Dans la pratique, les accidents ne sont jamais liés uniquement au fluide.
Ils apparaissent lorsque plusieurs défaillances se cumulent :
Fuite significative dans un volume fermé
Ventilation insuffisante
Accumulation au-dessus de la LFL
Composant électrique non certifié ou mal positionné
Non-respect des volumes maximaux de charge
Absence de contrôle périodique de l’installation
👉 Le danger ne vient pas du fluide, mais d’une mauvaise maîtrise globale du système.
Ce que cherchent à prévenir les normes et la réglementation
Les textes réglementaires et normatifs visent à :
Limiter les quantités de fluide
Définir des volumes minimaux de locaux
Encadrer les zones à risque
Imposer des composants adaptés
Garantir la sécurité des personnes et des biens
La logique est claire :
👉 prévenir la formation d’un mélange inflammable exploitable.
Le rôle clé du contrôle et de la conformité
Une PAC utilisant un fluide inflammable ne peut pas être laissée sans suivi.
Le contrôle permet de :
Détecter les fuites avant qu’elles deviennent critiques
Vérifier l’état des composants sensibles
S’assurer de la conformité aux exigences réglementaires
Réduire drastiquement le risque d’accident
C’est un maillon de sécurité, pas une formalité administrative.
Message clé à retenir
Un fluide frigorigène inflammable n’est pas dangereux par nature.
Il le devient uniquement lorsque :
la conception est approximative,
l’installation est non conforme,
le contrôle est négligé.
👉 La sécurité en pompe à chaleur repose sur la compétence, la rigueur et la prévention, pas sur la peur du fluide.





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